Robert GUINAN

peintures et dessins
2001 - 2006

du 8 novembre 2006 au 6 janvier 2007

 

Vernissage, en présence de l’artiste, le mardi 7 novembre 2006 à partir de 19h00

après la projection, à 18h00, à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts,

du film réalisé en 2006 par Albert Loeb et Nicole Sérès :

Robert Guinan
un peintre en marge du rêve américain

 

 

West Madison Street 1950 : Homage to Art Shay, 2006

 

Quinze peintures, autant de dessins préparatoires, sont présentés dans cette exposition d’oeuvres réalisées depuis 2001.

On y retrouve des thèmes chers à l’artiste : portraits de femmes rencontrées dans des bars (ici au Richard’s Bar et au Rocky’s Bar), des clubs . De fortes personnalités telles Judy Turk, Margaret Horberg (propriétaire du Hot House), ou accablées, ou accablées, mélancoliques, telle Kerensa.

Par ailleurs, Guinan, à partir d’esquisses, de croquis, exécutés bien des années auparavant, peint des scènes dans des lieux qui ont depuis disparu.
C’est le cas de Double Door Memory : The Bikers et de Double Door Memory, ainsi que de Checkerboard Memory : Melvina Allen and the Chicago Playboys.

Ce retour dans le passé va beaucoup plus loin lorsqu’il peint, en 2002, prenant pour modèle un tableau réalisé en 1959, une deuxième version, plus grande, fruit des acquis de près de cinquante ans de travail : Ankara 1956 : In the General House.

Son goût pour les photographies de Art Shay, célèbre photographe de Chicago, le conduit à peindre, à partir d’une de ses photos, West Madison Street 1950, « Homage to Art Shay ».

Saint John Cantius, église catholique construite vers 1850 dans un quartier alors polonais, est une des nombreuses illustrations de l’histoire de Chicago, de ses immigrations successives, du fameux et unique « melting pot » américain. Comme dans l’ensemble de ses paysages urbains, c’est la lumière crépusculaire qu’il a voulu rendre ici.

Guinan, dès son enfance, à travers des magazines illustrés présents dans la maison, s’est intéressé aux évènements historiques survenus dans son pays : la guerre d’indépendance, la conquête de l’ouest, les combats avec les indiens. Ses premières peintures sont des copies de ces images.

En 2003, il retrouve un de ces vieux magazines dont la couverture, haute en couleur,
expressive à l’excès, réalisée par Herbert Morton Stoops, illustre la tentative de reconquête de la Nouvelle Orléans, en 1815, par les armées britanniques qui seront, d’ailleurs, mises en déroute par les troupes américaines.
Pendant toute une année il peint un grand tableau à partir de cette illustration : Louisiana : The Battle of New Orleans, « Hommage to Herbert Stoops ».

Enfin, d’autres sujets, inhabituels dans son oeuvre, apparaissent dans sa peinture : des pigeons, qu’il a pu observer de sa fenêtre, perchés sur le toit de la maison voisine, des oies, des canards, des mouettes, se disputant des croûtons de pain apportés par le peintre, des chiens jouant, se battant, dans un enclos proche de sa maison. Peut-être, probablement, des métaphores de la solitude, de la cruauté entre les humains.

Un catalogue de 48 pages sera édité à l’occasion de cette exposition.


Ankara 1956 : In the General House, 2002

 

“Le réalisme est bien autre chose qu’une figuration descriptive, une pratique mimétique. Ce qui est en jeu c’est une certaine conception de l’homme. Ainsi s’explique la différence radicale entre Guinan et tout le reste de la peinture américaine figurative. Sa peinture dépasse la question de l’engagement. Avant de mener une réflexion politique, Guinan a eu une conscience qui le faisait peindre, adolescent et jeune homme, les soupes populaires puis les prostituées des bordels d’Ankara. Aussi Guinan n’est-il pas marginal mais étranger aux valeurs de la société américaine. Ce qui explique que son oeuvre nous soit plus accessible qu’à ses propres compatriotes.”
Agnès de Maistre
Extrait de la monographie publiée par le Cercle d’Art en 1991 "Au delà de la ressemblance des traits, c’est la vérité de son modèle que Guinan cherche à capter, élevant ainsi aux individus un monument paradoxal, qui ne flatte ni n’idéalise, mais donne au contraire du personnage et de son environnement une image où se lisent non seulement l’injustice de la vie et les coups du sort, mais aussi les vices, les faiblesses et les aveuglements de héros relatifs, partiellement responsables de leurs défaites et de cette espèce de décomposition de la personne annoncée dans la plupart des portraits. Les personnages de Guinan ont le plus souvent, surtout si l’on compare leur image photographiée à leur image dessinée ou peinte, quelque chose de fripé. Le portrait anticipe des rides, des plis, des irrégularités, des affaissements que le modèle ne porte pas encore sur son visage. L’artiste devine sous des traits encore lisses des signes de destruction et de mort que le modèle lui-même ne voit pas dans son miroir et qui échappent à la pellicule. Il exprime le malaise qui, de l’intérieur, crispe les individus, quel que soit le contexte dans lequel ils vivent".
Marc Thuret
Extrait de Robert Guinan "Monuments en périls" : des lieux et des hommes

Catalogue Galerie Albert Loeb, 2001

 

Marguerite Horberg at the Hot House, 2005

 

 

 

 

 

 

 

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